Olivier Greif | Quadruple Concerto “La Danse des morts”

catalogue

Quadruple Concerto “La Danse des morts”


opus

352

date de composition

1998

création

1998, Cordes, par Jérome Ducros, Nicolas Dautricourt, Florent Brémont, Christophe Morin et l’orchestre du festival dirigé par Jérémie Rhorer.

formation

Piano, violon, alto, violoncelle et orchestre (2 hautbois, 2 cors et orchestre à cordes).

éditeur
détails
  • 92 pages
  • durée: 22 mn
écouter un extrait

Dédié à Yves Petit de Voize.
Commande du festival de Cordes.
Manuscrit à l’encre, très lisible. Parties solistes et matériel par le compositeur.
Présentation OG:
Le Quadruple concerto “La Danse des morts”, pour piano, violon alto, violoncelle et orchestre, m’a été commandé par le Festival de Cordes-sur-ciel pour sa 27e édition. Je l’ai composé en treize jours, au mois de juillet 1998. J’ai choisi le thème de la Danse macabre pour plusieurs raisons. D’une part, son origine médiévale faisait écho à la beauté du village de Cordes. De l’autre, sa connotation religieuse prenait en compte le fait que la création de l’œuvre avait lieu dans une église. Enfin, son aspect festif s’intégrait naturellement dans le cadre d’un concert de clôture de festival. Par ailleurs le thème de la Danse macabre m’a toujours fasciné, et notamment sa vision – singulièrement moderne – d’une Mort abolissant dans sa danse tous les clivages traditionnels de la société.
La Danse des morts se présente comme un hommage à la forme du Concerto grosso. Elle en possède plusieurs caractéristiques. D’une part, la division en trois mouvements, deux mouvements vifs encadrant un mouvement lent. De l’autre, le dialogue entre le groupe de solistes (le concertino) – auquel s’adjoignent parfois certains instrumentistes de l’orchestre (hautbois, cor) – et l’orchestre (le ripieno). Ainsi les quatre solistes ne cherchent-ils pas ici à se différencier de la masse orchestrale où à la dominer, comme dans le concerto du XIXe siècle, exaltation romantique de l’individualisme, mais plutôt à s’y intégrer et à en assurer le commentaire.
Dès le début du concerto, les trois cordes solistes font entendre le thème du choral qui va parcourir toute l’œuvre en filigrane et l’unifier. Le premier mouvement, “Réveil des morts”, cherche à recréer une atmosphère de foisonnement et de prolifération. Son écriture est traitée par blocs instrumentaux distincts : les trois cordes solistes, le piano, les deux hautbois, les deux cors, les cordes de l’orchestre… Le mouvement s’apaise vers la fin, pour laisser la place à une coda crépusculaire où les sonneries de glas du piano alternent avec le rappel aux trois cordes solistes du thème initial du choral.
Le second mouvement, “Lamentationes Jeremiae”, débute par un solo éploré du violoncelle, bientôt rejoint par l’alto, le violon et le piano. L’orchestre entre à son tour, rappelant avec force le thème du choral. Après une nouvelle progression confiée aux trois cordes solistes, c’est au piano de faire entendre le thème unificateur du choral. Un long solo de hautbois mène le mouvement vers son terme apaisé, où résonne l’écho du glas du premier mouvement.
J’ai souhaité donner au troisième mouvement de ce Concerto la forme d’une tarantelle. En effet, cette danse, originaire de la région de Naples, tire son nom du fait qu’on la pratiquait jadis afin de guérir les personnes ayant subi une morsure de tarentule. Quand elles ne périssaient pas des suites de leur morsure, ces malheureuses gens mouraient souvent d’épuisement. Le mouvement se présente comme une danse tournoyante et obsessionnelle, entendue d’abord à l’alto solo puis s’amplifiant peu à peu, traversée de rappels de la séquence grégorienne du Dies irae,  mais aussi de l’hymne Pange Lingua composée au IXe siècle par Venance Fortunat, évêque de Poitiers. La progression inexorable de ce finale s’achève, après une ultime péroraison sur le thème triomphant du choral, par un vaste crescendo au cours duquel surgissent, tels des fantômes, des bribes de cellules thématiques tirées du mouvement entier.